lundi 25 septembre 2017

Le général Alfred Fetter (Antoine Sartorio sculpteur)

Les sculptures d’Antoine Sartorio (1885-1988) sont rares sur le marché de l’art. D’abord parce que son œuvre se compose principalement d’art monumental ; ensuite, parce que la famille est parvenue à conserver le fonds d’atelier de l’artiste, à Jouques (Bouches-du-Rhône). Aussi ce fut une surprise pour moi de tomber ce week-end, à la foire aux antiquités de Chatou (Yvelines), sur un buste en marbre – jusqu’alors inconnu – signé par Sartorio.

Antoine Sartorio, Le général Alfred Fetter, marbre, 1919
H. 60 cm – L. 45 cm – P. 25 cm
Ensemble et signature

Le buste représente un général alsacien, Alfred Fetter (1860-1929). Né français, il devient Allemand lorsque la province est conquise en 1871. Il quitte l’Alsace et est réintégré français par décret du 24 décembre 1881. Après des études à Polytechnique, il fait carrière dans l’armée. En 1916, en pleine guerre mondiale, il est élevé au grade de général de brigade.
Antoine Sartorio qui combat au front jusqu’en juillet 1916, date à laquelle il intègre l’unité de camouflage, l’a peut-être croisé à cette époque. Il le portraiture à la sortie du conflit, en 1919, au moment où le traité de Versailles rend l’Alsace et la Lorraine à la France. La mention Strasbourg, sous la signature, évoque sans doute ce fait cher au cœur du militaire.

vendredi 8 septembre 2017

Agrandissement du port de Marseille (Antoine Bovy médailleur)

Dans les années 1830-1840, l’agrandissement du port de Marseille devient un enjeu majeur pour le négoce phocéen. La forte croissance de la fréquentation et du tonnage des navires nécessite davantage d’espace, davantage de profondeur. En 1837, les ingénieurs des Ponts et Chaussées pensent améliorer le port par son approfondissement et son élargissement en gagnant sur la vieille ville : on envisage alors la destruction de 600 maisons entre la Consigne et la place Vivaux pour gagner 4 à 5 hectares. Le coût des expropriations semble ruineux, mais l’État juge nécessaire l’amélioration des infrastructures portuaires de Marseille. De fait, la loi du 9 août 1839 alloue à ce projet 7,2 millions. La Chambre de Commerce y ajoute 800 000 francs mais la manne étatique aiguise ses ambitions : elle demande une nouvelle étude pour un port auxiliaire, destiné au cabotage des vapeurs, de « la plus grande étendue possible »[1]. Cette étude aboutit à la fin de l’année 1842 au projet du port de la Joliette, validé par la loi du 5 août 1844.

Antoine Bovy, Agrandissement du port de Marseille, 1844
Médaille en bronze, collection particulière
Avers et revers

Le sculpteur et médailleur français d’origine suisse Antoine Bovy (1795-1877) réalise une médaille commémorant cette décision. L’avers présente le profil gauche du roi Louis-Philippe coiffé d’une couronne de chêne, symbole de force ; le revers offre une vue maritime de Marseille avec son Vieux-Port et le nouveau port de la Joliette.



[1] Archives de la Chambre de Commerce de Marseille, délibération du 27 août 1839.