vendredi 21 avril 2017

Joseph Letz (Philippe Poitevin sculpteur)

En décembre dernier, j’ai acquis deux médaillons en plâtre, d’un diamètre de 40 cm, sculptés par Philippe Poitevin (1831-1907). L’un des deux était accidenté, mais c’est lui qui a décidé mon achat : en effet, il représente l’architecte marseillais Joseph Letz (1837-1890).

Philippe Poitevin, Joseph Letz, médaillon en plâtre
Annoté, signé et daté Mon ami J. Letz / PPoitevin / 1869
Collection personnelle (avant et après restauration)

Joseph Letz est l’élève de Pascal Coste (1787-1879) et le collaborateur d’Henry Espérandieu (1829-1874) sur le chantier du Palais Longchamp. C’est sans doute à cette occasion que Letz s’est rapproché de Philippe Poitevin, le sculpteur étant chargé de l’exécution de quatre médaillons en bronze (cf. notice du 19 octobre 2010) et d’un groupe en pierre (1867). En 1868, il est nommé architecte en chef du département des Bouches-du-Rhône. C’est peu après que Poitevin le portraiture.
Par la suite, il devient l’architecte de la ville de Marseille, à la mort d’Espérandieu. Dans la cité phocéenne, il est l’architecte de la banque de France, du théâtre des Variétés (cf. notice du 16 avril 2008), de la façade en ciment de l’église Saint-Ferréol-les-Augustins (cf. notice du 21 mars 2011), du monument à Espérandieu (cf. notice du 16 avril 2008), de la fontaine Estrangin (cf. notice du 23 novembre 2012)… En 1880, il est élu à l’Académie de Marseille et fait chevalier de la Légion d’honneur, en 1883.

Joseph Letz, vers 1883-1890

samedi 1 avril 2017

Décor sculpté du café Riche (Adolphe Royan sculpteur)

Sous le Second Empire, Marseille est célèbre pour ses somptueux cafés, notamment celui des Mille Colonnes, celui de France et celui des Deux Mondes. C’est cependant à la Belle Époque qu’ouvre le plus luxueux d’entre eux comme son nom l’indique : le café Riche.

Joseph Ganio, Le café Riche, carte postale, vers 1902

L’histoire débute lorsque, en 1900, le cafetier Mollaret commande à Paul Mouren (1864-1931) l’aménagement d’un nouvel établissement à l’angle de la Cannebière (n°1 de l’époque) et du cours Saint-Louis[1]. L’architecte conçoit alors un décor exubérant, de style art nouveau. Le marbrier Jules Cantini (1826-1916) fournit les marbres et les onyx des colonnes et des parements muraux. L’éclairage luxuriant de l’entreprise Roussel & Rébufat forme des grappes de fleurs lumineuses envahissant les stucs et les marbres. Le peintre Pierre Poujol (1858-?) réalise, pour le plafond, une allégorie symbolisant L’Aurore du XXe siècle. Quant au décor sculpté, il est exécuté par l’entreprise familiale A. Royan et Cie.
Le sculpteur-ornemaniste Adolphe Royan (1869-1925) dirige alors l’entreprise fondée par son père Auguste (1837-1908). Paul Mouren connaît bien les Royan : il a déjà collaboré avec eux pour la décoration de l’immeuble de la veuve Corraze sis 37, cours du Chapitre. Pour le café Riche, Adolphe Royan produit un décor stuqué d’inspiration rocaille (coquilles, enroulements de courbes et contre-courbes, guirlandes de fleurs…) dans lequel émerge des masques grotesques et bustes féminins. Enfin, deux plantureuses Sirènes, émergeant des roseaux, soutiennent un balconnet au-dessus de la caisse. C’est sur les roseaux à droite que le sculpteur a signé son œuvre.

Adolphe Royan, Sirène et signature
Détail d’une photo de Joseph Ganio

En 1902, Joseph Ganio – qui tient un magasin de fourniture pour la photographie au 38, quai du Canal – prend une série de cliché du café Riche qui a ouvert au printemps 1901 et en tire des cartes postales. Les originaux signés de ces photos sont, quant à eux, conservés aux archives municipales (16 Fi 717 à 16 Fi 720).


[1] L’emplacement est actuellement celui du Monoprix.