jeudi 12 mars 2009

Le Monument à la Paix (Antoine Sartorio Louis Botinelly et Élie-Jean Vézien sculpteurs)

À l’ordre du jour de la commission des Monuments Historiques qui va se tenir ce mois-ci se trouve l’éventuelle inscription du Monument à la Paix. Comme j’en ai parlé dans mon ouvrage consacré à Louis Botinelly, je vous livre la notice de mon catalogue… évidemment très accès sur ce sculpteur sans doute au détriment des deux autres :
Le monument se présente comme un bouclier monumental supporté par deux colonnes historiées, précédées par un groupe de quatre allégories féminines (La Justice, Le Droit, La Liberté et Le Travail) présentant les portraits en médaillon de Louis Barthou et Alexandre Ier. Antoine Sartorio (1885-1988) exécute le groupe d'allégories, Élie-Jean Vézien (1890-1982) sculpte la colonne de gauche dite Colonne de la France. Louis Botinelly (1883-1962) réalise la colonne de droite dite Colonne de la Yougoslavie. Il taille sur le fût les motifs évoquant les villes de Morihava, Zagreb, Split, Ljubljana, Nagoricane, Saint-Jovan, Beograd. Il réalise en bas-relief les scènes représentant Le Tissage, Le Berger, La Fileuse, La Famille, Les Présents de la Terre, L'Agriculture.

Sartorio, Botinelly et Vézien, Monument à la Paix commémorant l'assassinat de Louis Barthou et Alexandre Ier de Yougoslavie
Pierre de Lens, 1938
Angle de la rue de Rome et de l'avenue Paul Peytral, 6e arrondissement

Historique : Le maréchal Franchet d'Esperey, président de l'Association des Amis de la Yougoslavie, est à l’origine de la création d'un comité spécial pour l'érection d'un monument aux victimes de l'attentat du 9 octobre 1934 à Marseille qui coûte la vie au ministre des Affaires étrangères Louis Barthou (1862-1934) et au roi Alexandre 1er de Yougoslavie (1888-1934). En définitive, cette commission va s'occuper de l'érection de deux monuments : un à Marseille, l'autre à Paris.
À Marseille, un sous-comité est créé sous la présidence de Gustave Bourrageas, directeur du quotidien Le Petit Marseillais. Si la volonté de commémorer le souvenir des victimes est une préoccupation des édiles marseillais, la localisation du monument est plus difficile à trouver. Une consultation des Marseillais eux-mêmes n'ayant rien donné, le comité choisi en définitive les jardins de la Préfecture. Une partie du financement est réunie grâce à une Journée nationale, le 7 avril 1935, pour l'érection d'un monument au roi Alexandre Ier de Yougoslavie, de Louis Barthou et des victimes du 9 octobre 1934. La mise au concours de ce monument est décidée par le comité en mai 1937. Trois projets sont retenus en juin 1937 dont un de l'architecte Gaston Castel en collaboration avec Louis Botinelly, Élie-Jean Vézien et Antoine Sartorio, ayant pour devise « Paix et Travail ». Ce projet obtient l'unanimité des voix à l’issue la seconde phase du concours en octobre 1937.

Gaston Castel, dessin préparatoire pour le Monument à la Paix, 1937
Musée d'histoire de la Ville de Marseille ?

Botinelly accompagne Gaston Castel et Paul Maunier lors de leur voyage en Yougoslavie du 9 au 20 janvier 1938. Ce voyage les conduit de Ljubljana à Oplenatz. Ils effectuent aussi des étapes à Belgrade, Zagreb, Oplenatz et Morihava. Au cours de ce périple, ils récoltent de la terre au mausolée d'Oplenatz, lieu de sépulture du roi Alexandre Ier. Castel et Maunier avaient déjà fait de même à Oloron-Sainte-Marie où Louis Barthou est inhumé. Le 20 mars 1938, de la terre provenant des deux lieux de sépulture est scellée dans le socle monumental du monument. Les travaux de construction s'échelonnent de janvier à décembre 1938 ; le monument est inauguré le 20 juin 1941. Quant à la maquette en plâtre du monument (conservée au musée d'Histoire de la Ville de Marseille), elle figure au Salon des artistes français de 1938, dans la section d’architecture, elle obtient une médaille d'or.

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