mardi 4 mars 2008

Le Génie de la sculpture grecque (Louis Botinelly sculpteur)

Je me suis rendu compte en vous parlant de mon prochain livre que je ne vous avais pas entretenu du précédent – Louis Botinelly, sculpteur provençal (Mare & Martin, 2006) – pour lequel l’Académie de Marseille m’a décerné le prix Juliette et Constant Roux, le 30 novembre 2007. Je ne peux vous retranscrire tout mon livre ici ; je choisis donc de vous soumettre une notice de Figures en façades, exposition photographique qui s’est tenu à la Préfecture pour les Journées du Patrimoine en septembre 2005 :

Le Génie de la sculpture grecque, bas-relief en béton moulé, 1933
14 rue Buffon, 4e arrondissement

Dans les années 20, le sculpteur Louis Botinelly (1883-1962) construit lui-même sa maison-atelier sur les flancs du plateau Longchamp. À partir de 1928, il l’ouvre régulièrement au public pour lui présenter ses productions les plus récentes et en fait un haut lieu de l’art marseillais. Cependant, la naissance de sa fille Ève, en 1933, l’incite à repenser son aménagement intérieur. Dès lors, il dissocie l’espace d’habitation du local de création, puis se bâtit un nouvel atelier, accolé à sa demeure mais indépendant, qui achève la perspective de la rue Buffon – en fait une impasse.
Cette situation privilégiée encourage un traitement décoratif de la façade. Le linteau dominant la verrière accueille donc un grand bas-relief en béton moulé. Au-delà de l’aspect purement ornemental, la sculpture sert d’enseigne : elle est nettement signée et datée à droite. Par ailleurs, par l’usage d’un matériau moderne bon marché, l’artiste tente de ressusciter chez sa clientèle le goût des grands décors.
Enfin, l’iconographie semble tenir du manifeste : un génie féminin, étendu de tout son long comme suspendu dans les airs, tient à bout de bras un rameau de laurier symbolisant la gloire et une réduction de la Victoire de Samothrace. Cette statue emblématique de l’antiquité grecque, conservée au musée du Louvre, est assurément l’une des principales références artistiques de Botinelly. Ce dernier voit en elle la quintessence de la sculpture décorative liée à une architecture. Au demeurant, il s’inscrit ainsi dans un courant néo-grec dominé par le Temple de l’Héraclès Archer d’Antoine Bourdelle (Toulouse, 1925) et illustré à Marseille par le décor de l’Opéra (1924, Antoine Sartorio, Oscar Eichacker et Antoine Bourdelle statuaires).

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